PEXONNE, 27 Aout 1944…

histoire des 112 otages de cette tragique journée

Dimanche 27 août 1944

Written By: Guillaume MAISSE
Le village de Pexonne

Le village de Pexonne

 

PEXONNE ou la force tranquille d’un village lorrain

La qualité de l’argile de son sous-sol  et l’abondance des forêts valurent à Pexonne l’installation d’une tuilerie dès 1583. Puis, la création d’un impôt  sur la vaisselle de table en argent ou en vermeil, décidé par Louis XIV, favorisant naturellement l’intérêt pour la faïence, fit de la faïencerie de Pexonne une des plus ancienne de France (1719), dirigée par la famille FENAL depuis 1836.

Pexonne est donc un petit pôle industriel organisé autour de sa faïencerie et de son agriculture.

Pexonne, au coeur de la Résistance.

La forêt vosgienne, entourant Pexonne, constitue un refuge idéal pour les résistants. Ils seront en cette fin d’août 44 plus de 800 à  rejoindre le maquis. Venus d’horizons différents (déserteurs du STO, anciens prisonniers évadés, résistants menacés…) ils constituent une force hétéroclite, mal équipée et peu préparée. Seule une centaine d’entre eux sont armés.

Les accrochages avec les troupes allemandes et la milice deviennent de plus en plus fréquents.  Dans la nuit du 24 au 25 aout, un petit groupe de maquisard se rend à Pexonne pour arrêter deux jeunes miliciennes : Geneviève et Yvonne  Demetz. L’ Etat-Major de la Résistance veut les neutraliser, afin de sécuriser l’émetteur-radio, situé  à proximité de Pexonne. La présence du maquis n’est plus un secret et l’occupant, qui tente en vain de s’emparer des chefs maquisards, décide de frapper un grand coup en s’en prenant à la population, soupçonnée d’aider la Résistance.

 Ce samedi 26 août, un français vient au café, chez Madame ROBERT, demandant à intégrer le maquis. Il fuit, dit-il les allemands, avec un camarade resté à Baccarat, mais Madame ROBERT feint d’ignorer où est le maquis et ne dit rien. L’inconnu poursuit ses recherches auprès de la population et regagne Baccarat sans rien dire et s’arrête au café de Merviller et y apprend qu’un émetteur radio est caché à Neufmaison chez Madame GADAT, l’institutrice….

 

Dimanche 27 août 1944: une journée noire…

Le village est encore endormi.  Il est un peu moins de 5h00 du matin quand Raymond DA SILVA quitte la maison familiale. Son frère René n’a pas souhaité l’accompagner et préfère rester au lit. Raymond doit  prendre en charge, à hauteur de la maison du garde forestier PLOUSSARD de Neufmaisons,  une trentaine de jeunes maquisards pour ensuite les conduire au PC du maquis, à la Pile, au dessus de Celles sur Plaine. A mi-chemin, il est plus de 6 heures, quand il entend les moteurs d’un convoi de  camions allemands, venant de Neufmaisons et se dirigeant vers Pexonne. A couvert, il distingue nettement les soldats en arme à bord des camions camouflés de branchages. Il s’agit du Kommando WENGER, basé à Baccarat depuis le 20 août, bénéficiant du renfort de parachutistes et de soldats d’un régiment d’infanterie.

De son côté, René CLAUDE, gérant de la SANAL, est en train de faire, à pied, avec une charette à bras, sa tournée de lait, quand il aperçoit à son tour les camions allemands qui se dirigent vers Pexonne. Il rentre précipitamment à la maison parce qu’il doit impérativement cacher les brassards FFI qu’il entrepose chez lui. Aussitôt fait, il a juste le temps de s’esquiver.

Le village est encerclé, et il est 6h45, lorsque deux SS font irruption au  37 de la rue de Fenneviller, dans la maison de mon grand-père encore au lit. Ma grand-mère, Jeanne, 39 ans, prépare le petit-déjeuner. Les allemands sont déjà à l’étage et sortent mon grand-père Georges BELIN, 41 ans,  de son lit, lui intimant l’ordre de s’habiller rapidement et de se rendre sur la place de l’église, suivi par un soldat. Il s’habillera avec ses habits du dimanche, met une cravatte, sous le regard inquiet de son fils Pierre, qui partage encore la chambre des parents. La maison est fouillée de la cave au grenier, ma grand-mère tremble d’effroi. Ma mère, Geneviève, âgée de douze ans, ne comprend pas encore ce qu’il se passe. Pierre veut se sauver par l’arrière, mais un soldat allemand fait les cents pas sur la route du cimetière qui borde le jardin et Pierre reste pétrifié. C’est sa soeur, Geneviève qui le ramènera à la maison.

Peu après, mon arrière Grand-mère, Joséphine BELIN, 66 ans, arrive, affolée, car sa maison aussi a été envahie par les allemands. Téméraire, elle emmène sa petite fille voir ce qui se passe sur la place du village. Jeanne reste prostrée chez elle avec Pierre.

Au même moment,à la Canegotte,  Marcel DONY , 10 ans, blessé à la jambe à la suite d’un accident avec une faucheuse début juillet, est réveillé par un allemand qui lui demande en se penchant sur son lit « du bist krank? ». Ne comprenant pas ce qu’on lui dit, Marcel comprend: « tu es grand? » et répond : « Oui! », et le soldat s’en va. Inquiété par un silence inhabituel, Marcel se rend dans la rue, à l’aide des béquilles que son père lui a confectionné à partir d’un vieux séchoir à linge. Il y retrouve un copain, qui lui annonce que les allemands ont rassemblé les femmes et les hommes sur la place de l’Eglise en bas de la rue. Surprise en pyjama, la soeur de ce dernier a voulu  s’habiller et mettre des chaussures, mais l’allemand lui marchera sur les pieds en disant  » tiens foilà chaussures! » N’ayant pas conscience de la gravité de la situation, les enfants décident de faire alors une partie de petits chevaux, malgré quelques coups de fusils et des bruits d’explosions étouffés.(1)

Pierre LALLEMAND, non loin de là, a « été pris dans le couloir de la ferme, avec un sceau de lait à la main ».

Quant à Paul MERCY, il demande au soldat allemand venu le chercher dans cette avant dernière maison du village sur la route de Feneviller, un instant le temps de prendre ses papiers. Prisonnier des allemands, il a été rapatrié pour cause de mauvaise santé. Il pense alors naïvement que ses papiers « en règle » lui éviteront des ennuis…

Roger ROGER, membre actif du maquis, se cachera dans le réduit à cochon, chez DONY et échappera à la rafle (1).

Colette CHAUDRON est prête pour aller à la petite messe de 7h. De la ferme de La Rochotte, elle descend au village accompagnée de sa mère. Arrivée devant chez ROBERT, elle aperçoit les allemands qui lui font signe de venir. La porte de la maison ROBERT étant ouverte, Colette se précipite à l’intérieur, monte à l’étage, entre dans une chambre à coucher et se cache sous un lit. Mais un allemand l’a prise en chasse et la déloge : « Raus Kathedral! ». 

Les soldats allemands pénètrent bruyamment dans l’Eglise Saint Pierre aux Liens et interrompent l’office de l’abbé BESOIN, qui vient à peine de commencer . Alda SIGNORI a la présence d’esprit d’aller se cacher dans la tribune de l’orgue. Elle y restera jusqu’à midi, quand le silence retombera sur Pexonne. Les hommes, les femmes et les enfants sont évacués sur la place devant l’Eglise. Roger DUMOUTIER, caché dans l’armoire de la sacristie, sera découvert et expédié sur la place sans ménagement. Guy de VITRY est parmi eux.

Place des Alliés, Suzanne BUSSY à laissé les enfants, dans son lit pendant qu’elle assiste à la peine messe, son mari, Pierre est alors prisonnier en Allemagne. Quand les allemands pénètrent dans la maison, les enfants sont donc seuls et doivent justifier à ces soldats la présence d’un uniforme militaire  dans l’armoire de la chambre à coucher: il s’agit tout simplement  de la tenue de douanier qu’un oncle leur a laissé ! C’est à ce moment là que Suzanne revient de la messe pour chercher ses enfants et les conduire avec les autres sur la place de l’Eglise. Elles les habillera donc devant les allemands qui la tiennent en joue. En se rendant sur la place de l’Eglise, Jean BUSSY entendra les grenades qui explosent dans la maison DUMOUTIER.

Colette rejoint donc les autres femmes, regroupées debout sur les marches de l’église. Elle y retrouve Camille DAUDANT toujours en pyjama.

Pendant ce temps là, Charles CHAUDRON, le frère de Colette, resté à la ferme, est en train de faire boire le taureau à la fontaine, quand les allemands viennent le chercher. Le temps de rattacher la bête et Charles emboîte le pas des allemands. Pourtant Charles aurait dû être au maquis, son ami Roger MICHEL l’en avait convaincu. En le voyant arriver, la mère de Colette, rassurée,  dit à sa fille: « tiens, voilà ton frère, tant mieux, s’ils foutent le feu à la ferme, au moins, il ne sera pas dedans! »

Du côté des cités De Vitry, les allemands entrent chez TRITZ et découvrent le père TRITZ alité à la suite d’une violente jaunisse. Dans la maison voisine, Simone ZANON entrouvre les volets pour voir ce qui se passe et aperçoit des camions allemands. Son mari, Pierre, lui enjoint de refermer les volets et de revenir se coucher. Pensant que la maison TRITZ et ZANON ne font qu’une, les allemands laissent le père TRITZ à sa maladie et vont poursuivre ailleurs leur sinistre besogne. Pierre ZANON ne sera pas raflé. Pendant ce temps là, son père Jérémie ZANON, est allé à l’eau, un sceau au bout de chaque bras. Henri ZANON, le plus jeune fils de Jérémie, âgé de 9 ans, assiste à la scène, et décide d’aller se cacher dans le jardin, dans les rames des haricots. De là, rejoint par Huguette SIGNORI,la fille d’Edilio, il aperçoit les soldats allemands qui défoncent à coup de crosse les portes d’entrée des maisons occupées par les frères SIGNORI. Louis ZANON, Arroldo SIGNORI, Elio SIGNORI et Vladimir SIGNORI sont sortis des maisons et emmenés sans ménagement sur la place.

Dans la famille NAGY, Ladislas, son frère Charles et un neveu, Armand CRAUSAZ, qui étaient partis « faire du bois », s’en reviennent à cause du temps qui menace. Yvette, l’épouse de Ladislas, s’occupe des cinq enfants et plus particulièrement de Bernard, âgé de deux mois, qu’elle allaite, quand les allemands font irruption dans la maison. En français on leur demande de quitter immédiatement les lieux et de laisser les enfants à la maison. Yvette s’y oppose énergiquement, et la voici partie en direction de la place de l’Eglise, accompagnée de ses cinq enfants. Pendant plus de quatre heures,Yvette fait face avec les autres femmes, aux hommes alignés sans pouvoir leur parler. André NAGY, âgé de trois ans, ne comprends pas pourquoi il ne peut rejoindre son père, distant de quelques mètres. 

Ces scènes se sont répétées dans chacune des maisons de Pexonne et tout le village est rassemblé sur la place, hommes, femmes et enfants, à l’exception cependant des femmes et des enfants de la rue de Fenneviller (?).  Des habitants de Fenneviller, venus assister à la messe du matin, sont également pris au piège. Les notables du village, M. de VITRY d’AVAUCOURT, directeur des Faïenceries et son beau-frère, M. Georges de WILLERMONT, Maire de Pexonne, le directeur de l’école et secrétaire de mairie M. GUERY, ainsi que le curé, l’abbé BESOIN, sont à leur tour alignés sur la place. Geneviève et sa grand-mère, debout devant la boulangerie GEGOUT observent avec inquiétude ces hommes et ces femmes alignés et menacés par les mitraillettes allemandes, les hommes d’un côté,  les femmes de l’autre. Pourquoi ? Que va-t-on faire d’eux ? Les Allemands sont nerveux. Ils comptent et recomptent les hommes présents. Le Maire tentent d’expliquer que tous les hommes sont là. Il semble que les Allemands cherchent des maquisards et veulent s’assurer qu’il ne manque personne. Pierre LALLEMAND, réfractaire au STO et échappé de Willemshaffen ne sera même pas identifié comme fuyard. Les allemands continuent à fouiller chacune des maisons et ne trouveront en tout et pour tout qu’un révolver chez M.DUMOUTIER, que le milicien Louis PERDON exhibera avec arrogance. Cette maison cristallise l’acharnement des allemands qui y jettent des grenades, effrayant les otages persuadés qu’ils vont tous être exécutés.

Une scène de rafle dans le Jura

Comme tous les dimanche, Bernard GUERY, doit rejoindre depuis Neuviller, ses parents à Pexonne pour passer la journée avec eux. Parti en vélo avec près de deux heures de retard, il traverse le village de Fenneviller, désert, et est surpris de voir un attroupement à la sortie du village. Parmi ces gens, la belle-fille PERRIN l’apostrophe:  » Bernard, ce matin à la petite-messe, ta maman m’a chargée de te guetter pour te faire rebrousser chemin, les Boches encerclent Pexonne, ils ont arrêté l’abbé Besoin, en pleine messe, comme ils vont le faire avec tous les hommes. Repars vite à Neuviller, n’en bouge pas! ». Le bruit des grenades et des coups de fusils sont perceptibles jusqu’à Fenneviller augmentant l’angoisse de ceux qui ont échappé au drame. Quand tout à coup surgissent au loin les silhouettes de femmes arrivant en pleurs et affolées. Elles racontent ce qu’elles ont vu, et devant leur récit Bernard doit bien se résoudre à rentrer à Fenneviller, le coeur gros et inquiet pour les siens.

René CHANAL, parti de Lunéville en vélo dès six heures du matin, a décidé de venir rejoindre son épouse et ses deux enfants en vacances chez sa belle-mère. Arrivé avant Pexonne, on lui fait signe de faire demi-tour, mais incrédule, il poursuit son chemin et se fera arrêter en arrivant sur la place du village. Sa femme restée avec sa mère et ses enfants dans leur maison de la Rochotte est prévenue de l’arrestation de son mari. Elle se rend sur la place pour l’apercevoir.

Maurice GEORGE, réfractaire au STO, caché la journée à la ferme de la Rochotte, se retrouve avec les hommes alignés sur la place. Craignant d’être découvert, il parvient discrètement à enfouir ses papiers au pied du monument afin de ne pas être identifier comme fuyard.

Celà fait maintenant plus de trois heures que les enfants attendent avec leur mère sur les marches de l’église et trouvent le temps long. Quand l’un d’entre eux s’écrie : « Maman j’ai faim! », un homme en uniforme allemand rétorque dans un français impeccable : « moi aussi, j’ai faim ! »

 Sous la menace de sa mitraillette un allemand entreprend de trier les hommes. Au faciès, ou plutôt selon l’âge apparent, il désigne ceux qui doivent monter dans les camions. Maurice BALLAND, désigné, fixe l’horizon, fait semblant d’ignorer la consigne et ne bouge pas. Il reste là … et ne partira pas. D’autres, mal rasés en ce dimanche matin, paraissent plus vieux et échappent de justesse à un destin malheureux.

Depuis les marches de l’église, Jean COLIN (10 ans) observe, intrigué, des camions, vides et sinistres, qui manoeuvrent face aux hommes alignés.

Pendant ce temps, à Paris, Le Général de Gaulle, assiste en compagnie du Général Bradley, au premier défilé des troupes alliées sur les Champs Elysées …

Il est 11h45, quand les Allemands décideront, avec brutalité de faire monter dans les camions  stationnés devant la Boulangerie Gegout, les 108 hommes arrachés à leur famille. Ils ne garderont finalement que les hommes âgés de 18 à 45 ans ainsi que 3 femmes: Elisabeth ROBERT et ses deux filles, Renée et Paulette, accusées d’avoir hébergé un poste radio émetteur. Ce sont des cris de déchirement, les femmes et les enfants pleurent. Geneviève, dit à sa grand-mère, « mais Papa n’a pas mangé »! Elle entre vite dans la boulangerie Gegout pour acheter une miche de pain, qu’elle aura juste le temps de donner à son père au moment où il monte dans le camion. Elle recevra un coup de crosse de fusil dans le dos !

Emile ANDRE a à peine le temps de prendre dans ses bras et d’embrasser – une dernière fois – ses enfants Marguerite, Michel et Monique, que lui tend son épouse Jeanne.

Pierre MALMANCHE, qui aurait du être au maquis ce matin,  a juste le temps de faire le signe de la victoire à sa femme Madeleine, enceinte de Nelly.

Edilio SIGNORI, qui était parti de bonne heure faire de  l’herbe pour les lapins à Laval est prévenu par M. CLEMENT que les allemands regroupent tous les hommes et les femmes sur la place. Inquiet pour les siens, Edilio, qui s’est échappé du STO, préfère rentrer au village. Il est arrêté alors que les allemands font monter les derniers hommes dans les camions. Un soldat le raccompagne chez lui ramener la charrette à foin. Il sera le 112 ème.

Yvette NAGY rentre vite à la maison déposer ses enfants, pour ensuite repartir en courant voir partir les camions. Arrivée à la fontaine, elle aperçoit en effet les hommes, au regard inquiet, debout dans les camions, faire un dernier signe à ceux qui les regardent partir, plongés dans l’angoisse.

Les camions s’éloignent. Ils prennent la route de Neufmaisons, suivis par Boby, le chien d’Emile ANDRE. Où vont-ils ? Marie pleure et rentre avec sa petite fille, retrouver Jeanne. C’est le temps des questions, de l’inquiétude…

A la Canegotte, « les femmes rentrent en courant et en pleurs.  Ils ont chargé tous les hommes dans des camions, comme des animaux. Ils vont les tuer ! Ils nous ont chassées en nous menaçant avec leurs fusils. Il y avait même une mitrailleuse pointée vers nous en haut des marches de l’église. Ils hurlaient pour nous faire partir. « Schnell von zu hause aus ,  Partir maisson fite fite ». Le père de Marcel, aveugle, aura échappé à la répression (1)

A Neuviller, Bernard GUERY n’y tient plus, et malgré les mises en garde de ses grand-parents, il enfourche sa bicyclette direction Pexonne.  Il découvre un village désert, mort, silencieux. Les volets et les portes sont closes. Arrivé chez lui, la porte est grande ouverte, la maison est sens dessus-dessous, et aucune trace de ses parents. Il traverse la rue et se rend à la boucherie COLIN où il perçoit les pleurs d’une douzaine de femmes avec leurs enfants, assises contre le mur. Absorbée dans ses tristes pensées, Madame GUERY ne voit pas son fils, qui pourtant l’appelle. Quand elle le reconnaît, c’est pour le supplier de s’en aller et de répéter sans cesse « sauve toi Bernard! » Défait, il reprend alors son vélo, sans nouvelle de son père, et s’en retourne à Neuviller.

Les Allemands sont toujours  au village. Deux d’entre eux seront installés dans la maison de ma Grand-mère, et se comporteront en « occupant ».

En début d’après-midi, les allemands reviendront au village, prétextant avoir perdu un chargeur de mitraillette et exigent de la population de le rechercher, les menaçant de représailles. Finalement aucun chargeur ne sera retrouvé. Et s’il s’agissait d’un piège destiné à produire une pièce à conviction justifiant la rafle du matin?

Capture d’écran 2013-05-05 à 15.40.17

Le centre du village

NDLR: Nous recevrons avec intérêt tout témoignage, récit ou commentaire sur cette journée.

(*): témoignage de Marcel DONY, reçu le 11/10/2013.

 Retour Haut de page

 

Avertissement : le contenu de ce blog relève de la législation française sur la propriété intellectuelle et est la propriété exclusive du rédacteur. 
Les œuvres figurant sur ce site peuvent être consultées et reproduites sur un support papier ou numérique sous réserve qu’elles soient strictement réservées à un usage soit personnel, soit scientifique ou pédagogique excluant toute exploitation commerciale. La reproduction devra obligatoirement mentionner le nom du blog, l’auteur et la référence du document. Toute autre reproduction est interdite sauf accord préalable de l’auteur en dehors des cas prévus par la législation en vigueur en France.

 

2 Comments

  1. MATHIEU Claude dit :

    Bonsoir,

    Récit authentique qui vous honore.

    Cordialement

    C. Mathieu

  2. REB Guy dit :

    Bonsoir, le déroulement de la rafle est largement documenté et détaillé on est « transporté » en temps réel dans la tragédie. C’est un excellent travail historique.

    Ce qui m’amène à écrire aussi, c’est que mon grand Oncle Alfred REB soldat du 1er Régiment de Spahis (Rgt Compagnon de la Libération) est mort au combat le 2 novembre 1944 quand en éclaireur il a été abattu sur la route de Vacqueville à Pexonne. Je suis en possession du journal de marche du régiment spécifiquement le récit du fait d’armes.
    Je vais visiter et remonter la route ce samedi 25 mars. Pour me situer ou imaginer autant que je pourrais la zone où il est tombé. Je serai en déplacement et au retour de Remiremont.
    Ma demande à la Mairie de Vacqueville (anciens encore vivant et rumeurs) est restée infructueuse. On peut comprendre en raison du climat de terreur qui régnait avec les nazis, toute surveillance ou plutôt regards étaient extrêmement dangereuses.

    Je connaissais déjà les monuments du Maquis du Viombois, mais c’est en consultant la date du 27 août 1944 par internet, que j’ai découvert sur le monument du village d’Autreville, que j’ai abouti à la tragédie de Pexonne. Les Vosges ont payé un lourd tribut pour la Libération de notre Pays des nazis.
    Bien cordialement.
    Guy REB

Répondre à REB Guy Annuler la réponse.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>